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Le bateau

Le Class40 Crédit Mutuel

Inventer, trancher, oser

Quand Ian Lipinski s’est penché sur son futur Class40, il n’envisageait pas de le dessiner sans David Raison. Du Mini650 que l’architecte lui avait construit, et avec lequel il a écumé la classe entre 2015 et 2017, Ian a tout aimé. Ce qu’il voulait retrouver sur son monocoque de 12,15m est à mi-chemin entre audace et raison : un comportement sain dans la mer et par vent fort ; des performances étonnantes, mais pas extrêmes, un équilibre entre confort et performance et une ergonomie soignée de la plage avant, à l’intérieur du bateau (un des points forts de Crédit Mutuel) pour protéger au mieux le skipper. « Quand il fallait trancher, dit Ian, on prenait pour référence la vitesse moyenne. Si elle en pâtissait, on rebroussait chemin même si, sur le papier, le gain potentiel était intéressant. Le projet Class40 Crédit Mutuel est tourné vers la Route du Rhum 2022, qui se court en solitaire. Et on sait très bien qu’un marin seul n’a pas la possibilité d’exploiter 100% de la vitesse de son bateau. D’où l’enjeu de vitesse moyenne ».

De ces arbitrages sont nés les choix que nous vous invitons à découvrir ci-dessous.

Le Class40 Crédit Mutuel est indéniablement novateur. Sa silhouette, son toucher de barre et ses performances sont remarquables. Il suffit de savoir que son architecte est le premier à avoir introduit les étraves rondes en course au large.

En 2010, l’architecte naval David Raison défraie la chronique du monde de la course au large. Il vient de concevoir, dessiner et construire un Mini (2) en forme de Scow. Son étrave est ronde. On dirait un “Magnum” (la célèbre glace) posé sur l’eau.

Il lui faudra près de deux ans de travail, de courage et de détermination pour optimiser son bateau et trouver son mode d’emploi.

En 2011, lorsqu’il remporte la Mini Transat (3), il ne laisse aucune chance à ses adversaires. Son bateau est largement au-dessus du lot.

En 2013, il dessine une version optimisée de ce “Mini Scow” : le “Maximum”. Le bien-fondé de ce concept architectural se confirme, le bateau est rapide et agréable. Le Maximum et son skipper, le lorientais Davy Beaudart, collectionnent les podiums. Lorsque Ian Lipinski prendra sa barre en 2016, il remportera toutes les épreuves du circuit Mini pendant deux ans. Le nez rond de ce Mini-Scow a inspiré de nombreux architectes, mais ses performances restent jusqu’à présent inégalées.

Lorsque Ian demande à David Raison de dessiner son futur Class40 Crédit Mutuel, le Maximum est clairement dans leurs projections. Impossible cependant de le reproduire à l’identique en 40 pieds : la jauge Class40 interdit les étraves rondes. “L’objectif était de garder l’esprit “Maximum” : un bateau fun, facile et sécurisant en l’adaptant aux contraintes d’une carène plus longue et aux restrictions de la jauge Class40”, précise David Raison.

L’étrave est très haute !

“Vu de dessus, le bateau reste dans les standards de ce qui se fait aujourd’hui, mais nous avons travaillé différemment sur les lignes longitudinales et sur la façon dont le bateau va entrer dans les vagues. Il en résulte un brion (partie de l’étrave au-dessus de la ligne de flottaison) très haut et des élancements avant sans précédent en Class40. En fait, c’est un Scow, auquel on a ajouté une étrave, comme un “faux-nez” afin de négocier au mieux les contraintes de la jauge. Les volumes sont reculés, le centre de gravité aussi : il est là où le bateau est le plus large. Cela permet de lui donner de la puissance. Il a fallu bien travailler l’équilibre général.”

Gréement et appendices (4) : (presque) rien à signaler

“Pour le gréement, nous avons adopté le mât à un étage de barre de flèche (5). C’est de toute façon la seule chose sur laquelle nous pouvons jouer, car la jauge interdit de reculer la bôme (6). Nous avons en revanche augmenté un peu la surface de la grand-voile en reculant son centre de gravité (de façon à être en phase avec l’équilibre général du bateau). Pour les appendices, là aussi, nous sommes restés dans ce qui se fait aujourd’hui.”

Le roof (7) : franchement atypique

Afin d’accompagner les volumes de la carène et la puissance générale du bateau, le roof est lui aussi très innovant : il est très, très, long.

“C’était structurellement intéressant…”, précise l’architecte. “Cela donne un look particulier au bateau.”

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