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Mais t’es où, t’es pas là ?

« C’est ma quatrième transat en course, je n’avais jamais eu aussi peu de vent ». Le propos est de Ian Lipinski, mais il trouve écho dans les paroles de bon nombre de concurrents de cette Transat Jacques Vabre en Class40. Les classes plus rapides ont eu la chance de pouvoir sauter dans un système météo qui offrait un peu plus de vent, et ils s’en sont plutôt bien sortis. Les Class40, eux, ont pris dix jours ferme de vents contrariés par l’enchevêtrement de systèmes anticycloniques et de systèmes dépressionnaires peu actifs. Et dans ce conflit entre pressions différentes, il est bien difficile de trouver sa route, surtout si les zones de vents forts sont éloignées de la trajectoire idéale.

A 200 milles de la marque de parcours à virer qui se situe sous l’île de Sal, au Cap Vert, l’ambiance est teintée de « saudade », ce « sentiment de délicieuse nostalgie, désir d’ailleurs qui s’exprime dans le fado et la morna », qu’a si divinement bien chanté Cesaria Evora, reine mère musicale du Cap Vert.

Ah ça… Ian Lipinski et Julien Pulvé seraient tellement bien ailleurs, plus loin dans le sud ! Au cours de la journée qui vient de s’écouler, les deux navigateurs de Crédit Mutuel se sont démenés, comme depuis le départ, à faire avancer leur Class40. Parfois dans un vent médian de nord – nord est, parfois dans un souffle d’air. A force de travail, les deux camarades ont résorbé une partie de leur retard sur la tête de course, qui est désormais à 80 milles, au lieu de 100 hier. C’est un bon début, d’autant que le schéma météo qui se présente à eux n’est guère plus simple à décrypter. Les alizés, ce vent dominant qui naît le long du continent africain et qui traverse l’Atlantique d’est en ouest, ne brillent pas par leur densité… Ian fait le point : « Ils ne sont pas établis, et une dépression située très au sud et au milieu de l’Atlantique casse ces alizés. Il va nous falloir descendre très bas pour trouver du vent ».

Au classement, Crédit Mutuel se situe à la 12e place, mais ce recul n’est que théorique. Hier, une partie des poursuivants a cherché une solution plus à l’ouest, et s’est ainsi rapprochée de l’orthodromie, la route théoriquement la plus courte entre deux points du globe, en tenant compte de la rotondité de la Terre. Ian et Julien sont en réalité plus au sud, dans la trajectoire des leaders, qui leur offre un meilleur angle au vent pour rejoindre le Cap Vert. Nos marins sont sur la bonne voie, et ils gardent le cœur vaillant : « Le moral connaît des hauts et des bas, mais on s’accroche, on donne tout. On espère revenir dans le match avec les premiers prochainement ! »

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