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Mot du bord – Jour 12

« Aujourd’hui (hier au moment de l’écriture de ce mot) nous étions contents !


Nous avions réussi à trouver un moyen pour rattraper les retardataires du groupe de tête. En passant dans l’est à quelques milles du Maroc, nous avions bénéficié hier d’un bel angle pour revenir au contact de Lamotte et La Manche. C’était non sans souffrir un peu dans les calmes qui nous sont passés dessus hier. La houle était grosse et belle, et dans les petits airs, il a fallu se battre pour garder le spi gonflé et avancer petit à petit. Nous nous sommes tout de même complètement arrêtés à un moment donné. Mais ce matin, c’était la bonne humeur : nous avions réussi à passer sous cette grande zone sans vent. Le groupe plus au nord, lui, devrait traverser cette zone qui s’annonçait plus calme encore et plus étendue. Super opération pour nous ! C’était sans compter sur le chapeau d’Axel et de Fred d’Ocean Rescue ! Le chapeau d’Axel, c’est ce qui nous fait bien rigoler depuis le début de la course : nous nous demandons à chaque fois “mais qu’est-ce qu’il va nous sortir ce coup-ci de son chapeau? » Il avait soudainement décollé dans la pétole à Penmarc’h, à un mille de notre position, pour nous coller 40 milles dans la foulée… soit. Ensuite ils ont la malchance de cogner un ofni et de devoir s’arrêter à Cascais… que cela ne tienne, ils réussissent à rallier Cascais sur un super angle et avec une super vitesse, à réparer vraiment vite, et à repartir encore plus vite pour nous rattraper en ligne droite quand nous devions tirer des bords pour rejoindre le sud Maroc.
Mais ce matin nous pensions vraiment pouvoir le distancer un peu, voir beaucoup. Nous nous disions quand même un peu en rigolant : « attention, il a son chapeau avec lui ! ». Oui mais là il faudrait vraiment un grand chapeau ! Et au fur et à mesure que la journée et les classements tombaient, voilà notre Axel et notre Fred qui avancent à 9 nœuds là où il devrait y avoir 4 nœuds de vent maximum !


La morale c’est que quand nous avons souvent de la chance, ça s’appelle du talent (je crois dixit Michel Desjoyaux) !
Mais ça y est, nous nous sommes créé une belle petite carapace avec Julien, et nous sommes moins affectés par ces revers que nous ne l’étions en début de course.


La journée a été vraiment agréable, même si peu rapide. Les poissons volants sont enfin là, décollant devant l’étrave du bateau. Mais attention, les puffins rodent et essaient de les attraper en vol… joli spectacle. Le bateau glisse sur une mer calme et lisse. La pleine lune vient de se lever. Et la température est douce et rend les veilles nocturnes, fort agréables. C’est donc le bonheur qu’il faut savoir savourer, en mettant de côté les contrariétés du compétiteur. Nous commençons à récupérer côté sommeil. Au début de la course, nous avions pas mal entamé physiquement et nerveusement. Le temps, comme à son habitude en mer, s’écoule différemment. Les jours passent sans vraiment s’en rendre compte, les souvenirs des jours passés sont déjà flous, comme lorsque nous nous remémorons un rêve. Et à propos de rêve, nous nous amusons à nous les raconter avec Julien. Car en mer en course, ils sont toujours assez fous !


Par exemple, j’ai rêvé l’autre jour que je croisais les suisses de banque du léman à la pizzéria. Alors qu’ils étaient en train de gagner la course ! Je leur demandais pourquoi ils venaient acheter une pizza, est-ce qu’ils ne devaient pas plutôt être sur leur bateau ?! Ils me répondent que ça ne pose pas de problème, qu’ils sont venus prendre une pizza et qu’ils retournent à bord ensuite :). C’est drôle car j’ai rêvé de pas mal d’autres concurrents ces dernières nuit ! Maintenant il faut traverser l’océan. Cela sera-t-il aussi complexe que notre descente vers le Cap Vert ? Quelque part on espère que oui !


A très vite ! »

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