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Tout droit ou plus vite ?

Ce titre est la question fondamentale de la course au large, sans doute le seul sport où, pour aller le plus vite possible du point A au point B, on peut avoir à bricoler une trajectoire qui passe par le point P. Quand, au chaud à leur hôtel à Saint-Malo avant le départ, les skippers préparent leur navigation vers Pointe-à-Pitre, ils partent d’une première donnée : la distance théorique, qui tient compte de la rotondité de la Terre, et qui annonce 3510 milles marins, soit 6500 kilomètres. Puis les logiciels de routage calculent la route optimale en fonction des conditions de vent, de mer, et des vitesses potentielles du bateau… et l’addition grimpe. 
À l’entame du 15e jour de course, en début d’après-midi, Ian Lipinski aura parcouru exactement 3500 milles, soit la distance théorique, alors que le Class40 Crédit Mutuel sera encore à 600 milles du but (1100 km). C’est un petit peu plus que les bateaux qui l’entourent au classement général. Au classement de 7h ce mercredi matin, Ian, 14e, avait parcouru 3497 milles. Nicolas d’Estais, 15et 37,5 milles derrière, en avait parcouru 3224. 13e et 3 milles devant, Emmanuel Le Roch, en avait couru 3360. Ce dernier est quasiment bord à bord avec Ian, tandis que le skipper de Happyvore – Café Joyeux est 35 milles plus au nord. 
Chaque choix de stratégie a naturellement une incidence sur le nombre de milles réellement parcourus. Le renoncement qu’a connu le skipper à aller mettre le nez dans la dernière dépression parce que son gréement était en vrac, et donc la route vers le sud qu’il a eu à inventer lui ont coûté, outre du temps, de la distance en plus à parcourir. Mais alors, comment peuvent-ils être si proches ? Il faudra regarder les deux vitesses affichées sur le classement après l’arrivée pour comprendre la performance de chacun (pour l’heure, seules apparaissent les vitesses sur 5 minutes + /-, 4 heures et 24 heures). La vitesse moyenne, et la vitesse fond. La vitesse moyenne est celle calculée sur la distance théorique. La vitesse (de) fond est celle qui correspond à la vitesse réellement parcourue. Avec ses déboires techniques, mais avec un bateau potentiellement plus rapide que ces deux exemples précités, il apparaîtra que Ian a dû faire plus de route, mais à plus grande vitesse.

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