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Deux montées au mât, au courage

Difficile de résumer ces 24 dernières heures de course à bord du Class40 Crédit Mutuel. La vie a été compliquée pour Ian Lipinski en ce début de semaine. Imaginez un peu la cascade de problèmes en une journée. Dans les 30 nœuds du front, avançant sous voilure réduite (2 ris dans la grand-voile, et trinquette à l’avant), Ian voit sa petite voile d’avant faseyer : le loop de la galette de J2 a cédé. Comprenez : le petit bout qui maintient ce qui permet de faire virer les petites voiles d’avant de bâbord en tribord, au niveau de la coque, a cédé. Le tourmentin (petite voile de près et de gros temps) passe partiellement à l’eau. Ian répare et, ce faisant, il réalise que la gaine de la drisse (pour dresser) de hook a aussi cassé. Ce deuxième problème en engendre d’autres. Puisqu’il n’est plus possible de ramener la voile, il faut la « saucissonner », autrement dit l’attacher sur elle-même tant bien que mal. Durant l’opération, la voile se gonfle brutalement et tord un doigt de Ian. Une fois gérée cette entorse, le skipper reprend ses opérations, qui passent par une montée au mât. À la cape, c’est-à-dire face au vent, Ian tente sa chance, mais renonce à mi-course : « À trois mètres de haut, c’était déjà ultra-chaud ! Je suis redescendu ».

Avec une voile saucissonnée à l’avant et un tourmentin installé sur l’autre point d’accroche, il n’y a rien de raisonnable à continuer à affronter le gros temps. Alors Ian se résout à descendre vers le sud… mais l’affaire n’est pas entendue, sa configuration de voile l’empêchant de tenir le cap qui servirait ses intérêts. Le groupe de tête dans lequel il avait une bonne place, forcément, ne l’a pas attendu, d’autant que son gréement ne lui offrait guère de solutions pour avancer efficacement.

Cette nuit, lorsque les vents le lui ont permis, Ian est retourné à l’ouvrage, montant deux fois au sommet du mât, malgré sa main endolorie. Toujours aussi résolu à se battre, le skipper Crédit Mutuel raconte : « De nuit et avec la lampe frontale, j’ai réussi à remonter dans le mât. J’ai attrapé la drisse qui n’était pas descendue, et j’ai défait tous les nœuds qu’il y avait là-haut.  C’était un gros bazar ! Puis j’ai renvoyé mon génois, et mon bateau a retrouvé une vitesse normale. J’ai perdu beaucoup de temps, c’est vraiment dur de quitter le peloton de tête. Je m’accroche toujours. Je fais au mieux pour aller au plus vite. C’est dur, mais c’est la Route du Rhum : à fond à fond à fond ! »

En ce mardi matin, Ian Lipinski a concédé beaucoup de terrain sur la tête de course. Débiteur de 200 milles sur les leaders, Ian va s’appliquer à aller chercher les alizés et ces allures portantes dans lesquelles le Class40 Crédit Mutuel excelle. Sans doute la victoire s’est-elle éloignée ces 24 dernières heures, mais il reste assurément des choses à aller chercher : les places d’honneur, l’honneur lui-même, et aussi le plaisir de glisser dans des vents qui font ressortir les bons côtés de la course au large.

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