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Une dorsale sans dommage ?

Depuis près de trois jours, la flotte de la 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe fait face au vent. C’est dans une longue session de navigation au près que les solitaires avancent, et ils avancent bien. Chez les leaders de la Class40, la distance déjà parcourue est d’un peu plus de 600 milles. 614 milles au classement de 6h00 ce samedi pour Ian Lipinski, 6e ce matin, soit 965 kilomètres. Le leader, Corentin Douguet, a parcouru 630 milles dans le même laps de temps ; il compte 15,8 milles d’avance sur le Class40 Crédit Mutuel. 

Choisir sa route tient à la fois de la science et de l’alchimie. La science fait appel à l’apport des fichiers météo, très savant mélange de constats in situ du moment et d’appels aux probabilités que suggèrent les historiques météorologiques. Elle fait également appel aux logiciels de routage qui confrontent ces données aux performances potentielles du bateau en fonction des angles au vent, qu’on appelle les polaires, et qui peuvent être modulées par le skipper qui peut estimer s’il est en mesure d’exploiter ces polaires à 100% du potentiel du bateau ou en mode dégradé. La science tient aussi à la connaissance du bateau, chacun ayant des points forts propres à son design. L’alchimie, elle, s’appuie sur le ressenti du skipper, qui sait lire le terrain de jeu en temps réel et percevoir les capacités de son bateau, et qui doit être bien inspiré pour réfléchir non seulement pour l’instant, mais aussi pour le moyen terme. 

Une Route du Rhum – Destination Guadeloupe réussie, c’est des bras, la tête et de la mécanique. Tout est sollicité dans le même temps. Chaque effort fourni gère la situation de l’instant et nourrit demain. Chaque mille que Ian conquiert aujourd’hui a une incidence sur les milles de demain, après-demain, la semaine prochaine. 

À 600 milles pile à l’ouest de l’estuaire de la Gironde ce samedi matin, le Class40 Crédit Mutuel aborde une nouvelle problématique : la traversée d’une dorsale, une zone de vents faibles qui fait tampon avec le système dépressionnaire qui s’enroule au cœur de l’Atlantique nord. Si les fichiers se révèlent précis, la dorsale devrait se combler dans la matinée. Ian et ses concurrents arriveraient donc dans le parfait timing, et devraient réussir à ne pas trop ralentir. Mais le mode de navigation n’est pas prêt à changer : tout le monde avancera encore au près, quelques jours encore. 

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